Plus de 2000 ans avant l'ère atomique, à la fin d'un repas pris avec ses disciples, le philosophe grec Démocrite se demanda, en partageant un fromage, si celui-ci était divisible en une infinité de morceaux. Cette inquiétude de la pensée antique se retrouve chez Leucippe, Epicure, puis chez le latin Lucrèce. Ainsi naquit le concept d'un élément ultime, constitutif de la matière, homogène, indivisible et, pour cette raison, nommé par les Grecs : "atome", c'est-à -dire : "l'insécable".
Bien des siècles passèrent. Puis celui qu'on appelait toujours atome se révéla être le réceptacle d'une foule de particules que la physique subnucléaire prit en charge avec une extrême efficacité.
Alors, la quête de l'ultime put repartir. Des physiciens pensèrent que l'insécable quark serait un candidat très sérieux au titre, d'autres cherchèrent encore plus petit et poursuivirent d'hypothétiques partons. Enfin les pistes de l'énergie et de l'espace-temps ne furent pas négligées.
Rien n'y fit. Pour l'instant, les chasseurs sont insatisfaits de leur surabondant tableau de 24 couples de particules et antiparticules élémentaires. C'est le trop plein. Il est donc bien audacieux de vouloir braconner sur leurs terres et on ne s'y serait pas risqué si on n'avait pas disposé d'une panoplie adaptée à ce genre de traque. En effet, la coopération d'un tableau issu de la théorie des groupes avec un raisonnement analogique établissant une correspondance entre ce tableau et celui des particules et antiparticules élémentaires permet de débusquer trois éléments qui semblent constitutifs de l'univers.

